Pourquoi le Togo n’a pas besoin d’une énième crise post-électorale

Dans la nuit du 23 Février, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) proclamait les résultats de l’élection présidentielle du 22 février. Faure Gnassingbe qui brigue un quatrième mandat controversé est déclaré vainqueur avec 72,36%. Plus tôt en fin d’après midi du 23 Février, c’est Agbéyomé, le candidat désigné par l’archevêque Kpodzro qui s’auto proclame président et annonce la formation de son gouvernement. Agbéyomé dénonce de graves fraudes qui ont émaillé ce scrutin. Une enième crise post-électorale vient de naître

Dans la journée du lundi 24 Février, les missions d’observation de la Cedeao et de l’Union Africaine conduites respectivement par les anciens président Koroma (Sierra Leone) et Hery Rajaonarimampianina (Madagascar) vont présenter leurs différents rapports. Ces organismes internationaux n’ont trouvé aucun incident majeur pouvant remettre en cause les résultats de la CENI.

Et pourtant, de nombreux incidents graves avaient émaillé les élections à savoir, “violences verbales, vote sans carte sans, absence ou insuffisance de listes d’émargement, renvoi des délégués de certains candidats des bureaux de vote, insuffisance de bulletins de vote, allégation de bourrage d’urnes”. Ces incidents ont été révélé par WANEP Togo qui avait installé une salle de coordination et de veille pour superviser les élections. “Les alertes sont venues de 20 localités correspondant aux CELI suivantes : Golfe 7, Golfe 1, Golfe 4, Tchaoudjo, Sotouboua, Ave, Yoto, Kloto, Blitta, Zio, Cinkasse, Oti, Kozah , Tone, Amou, Yoto, Vo, et Akebou” affirme la Déclaration Préliminaire de la Salle de Coordination de wanep.

Aussi, Les témoignages recueillis par le Journal Letogo.net donnent crédit aux allégations de bourrages d’urne attribués aux partisans du parti Unir.

Mais malgré l’étroite collaboration qu’il y a eu entre wanep Togo et ces organismes internationaux, ces incidents n’ont pas pesé dans la balance de la proclamation des résultats.

Début d’une crise post-électorale

Agbéyomé refuse de reconnaître les résultats de la CENI. Hier mercredi, il avait déposé un recours devant la cours constitutionnelle. Pour sa part, l’Archevêque Kpodzro appelle les personnes du troisième âge à une marche silencieuse demain vendredi le 28. Ce soir, cet appel à manifestation est jugée illégale par le Ministre de l’administration territoriale, Payadowa Boukpess. Monseigneur Kpodzro n’entend pas “laisser aussi facilement Faure Gnassingbe voler la victoire des togolais”.

Hier, c’était aux Etats Unis de remettre en cause les résultats de la CENI en l’appelant à proclamer les résultats bureau de vote par bureau de vote. Un appel qui passe mal chez le gouvernement togolais.

Notons aussi qu’aucun président africain n’a encore adressé ses félicitations à Faure Gassingbe.

Les retombées d’une crise politique qui seront néfastes pour le Togo

Le Togo étant encore l’un des rares pays à ne pas connaitre l’alternance en Afrique, a tout à prouver durant cette période électorale. La quatrième candidature de Faure Gnassingbe avait été fortement critiquée et l’homme n’avait aucun droit à l’erreur vu le soulèvement populaire de 2017 qui avait failli l’emporter. Faure a le devoir de donner une belle image de son pays à l’heure où les autres nations font des efforts pour donner de bons exemples de démocratie au monde entier.

Aussi, le pays s’est octroyé des belles performances économiques ces dernières années avec une bonne place dans le dernier classement de Doing Business . Le Togo a vu son taux de chômage chuter. Les investisseurs ont commencé par croire au Plan National de Développement(PND) auquel Faure tient assez. Une crise politique va juste remettre le compteur économique du pays à zéro

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